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Foire Bio de la Cussignière

22ème édition

21 & 22 octobre 2017

Plus de 120 exposants :

  • Produits alimentaires, textiles et huiles essentielles certifiés, vignerons bio, associations, artisans, médecines douces...

  • Animation musicale, conférences, animation gratuite pour enfants, bar et restauration traditionnelle, végétarienne et bio en salle et sous chapiteau chauffés.

  • Dégustation commentée des vins de la foire le dimanche matin.

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Horaires :

Samedi 21 octobre : 11h00 à 19h00
Dimanche 22 octobre : 10h00 à 18h00

Tarifs :

- 1 jour : 4,5 €

- 2 jours : 6 €

 

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Organisateur de la Foire Bio de la Cussignière à Gorcy

Eoliennes (2011)

UN VENT DE COLERE !

 


Eliennes à Viviers sur ChiersEliennes à Viviers sur Chiers1
0 septembre. A Tellancourt, le vent était de la partie pour l’inauguration du parc éolien. Nos eûmes droit, à cette occasion, à toute une suite d’interventions plus ou moins dithyrambiques sur les énergies renouvelables et notamment l’éolienne. Jusqu’à un passé récent, et cela reste encore largement vrai pour le cas français, un tel traitement gratifiait surtout l’énergie nucléaire; seuls les écologistes s’échinaient à rétablir l’équilibre en faveur des renouvelables ce qui leur valait les quolibets de « doux rêveurs »… Jusqu’à Tchernobyl et la confirmation par Fukushima !!! Curieusement, jamais, au cours de ces allocutions, il ne fut fait mention de ces deux accidents majeurs… Tout un symbole !!!
Nous ne distinguerons pas, ici, les divers intervenants ; nous préférons revenir sur certains arguments qu’ils ont proférés et qui témoignent à quel point, mentalement et intellectuellement, nos élites pratiquent envers le nucléaire, une révérence quasi mystique, manifestation d’un état d’addiction qui n’est point sans rappeler celui de la bernique à son rocher.

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D’abord, il faut souligner et saluer la détermination du président de la CC2R pour faire aboutir un projet qui n'avait pas que des amis. Mais cette révélation ne nous surprit guère tant la volonté de faire un sort aux renouvelables « démange » toujours une bonne partie de nos instances décisionnelles comme le mois d’août 2011 l’a confirmé… Ce sur quoi insista, d’ailleurs, l’intervention quelque peu désabusée du responsable de l’entreprise ayant installé les éoliennes. En effet, ce dernier dénonça les dispositions scélérates par lesquelles, en vertu de la loi Grenelle 2 (et de l'article L. 553-3 du Code de l'environnement), les éoliennes relèvent désormais du régime des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE). Deux décrets publiés le 25 août organisent ce régime juridique. Ainsi, une éolienne est mise à la même enseigne qu’un incinérateur d’ordures ménagères ou une usine d’affinage d’aluminium. A présent, les exploitants devront demander, avant d’installer leur parc éolien, une autorisation administrative en plus du permis de construire. Deux fois plus d’occasions de contester en justice l’implantation du parc (1).
En aparté, ce responsable d’entreprise nous apprit qu’une éolienne de 2 MW de puissance représentait un investissement de l’ordre de 3 millions d’euros. Si l’on se limite à une comparaison de chiffres, rappelons qu’un réacteur EPR exige, lui, jusqu’à présent (car le coût a doublé depuis les premières estimations), et pour une puissance installée de 1650 MW, 6 Milliards d’euros, soit l’équivalent de 2000 éoliennes de 2 MW c’est-à-dire 4000 MW de puissance installée. S’il faut manier ces comparaisons avec prudence car le taux de disponibilité n’est pas le même : 80% pour un EPR, 25-30% pour une éolienne, ce qui représente une puissance utile de 1320 MW pour le premier contre 1000-1200 MW pour les 2000 aérogénérateurs pris comme exemple, ces chiffres sont, néanmoins, à méditer !!! (2)

Brillante et sympathique, l’intervention de cet orateur rappelant que nous n’avons plus le choix. Qu’avec l’émergence des mastodontes (Chine, Inde, Brésil…) dont l’aspiration au développement est bien légitime, mais fondée largement, et pour un bon bout de temps encore, sur des énergies fossiles fortement émettrices de CO2, il nous faut choisir, d’urgence, une autre voie de développement… et, pour ce faire, par une sorte de reniement… montrer la voie, une voie qui suppose une mutation d’imaginaire à laquelle, à l’évidence, nos élites, bêlant à l’unisson « croissance, croissance, croissance !!! …» (3), avec leurs homologues planétaires, ne sont pas préparées, si tant est qu’elles souhaitent l’être !

Un autre intervenant crut bon de faire le lien entre le développement de l’éolien en Lorraine et le passé sidérurgique de la région. Il rappela, pour ce faire, qu’une éolienne incorpore plusieurs tonnes d’acier… mais oublia de préciser qu’elle renferme également beaucoup de métaux rares tels que le cuivre (4,4 tonnes pour une éolienne de 1,4 MW), ce qui explique en bonne partie la flambée des cours de ce métal… et les actes de malveillance le concernant. 65% de la production de cuivre est destinée à l’électricité, de même que 40% de celle de cobalt. Quant au lithium, composant moteur de l’expansion électrique-électronique, de nouvelles réserves ont été découvertes en Bolivie, au Tibet et… en Afghanistan où, comme chacun sait, nos troupes, dans la vallée de la Kapisa, défendent, main sur le cœur, l’idéal démocratique. Et l’on comprend mieux, aussi, pourquoi l’occident cherche des poux dans la tête à la Chine à propos du Tibet  voisin! (4) .

Plutôt désespérantes, par contre, les prestations des deux élus nationaux de notre région présents à cette inauguration. L’un d’eux, persistant dans une nucléopathie manifestement incurable, rappela que le choix nucléaire était, malgré tout, judicieux… (on appréciera le « malgré tout » quelques semaines après Fukushima). Et, en rajoutant une couche, il fallait, selon lui, avec les renouvelables, surtout diversifier nos sources d’énergie. Entendez par là (car il ne faut pas, avec ce petit monde, s’interdire de lire entre les phrases, c’est même, là, un devoir !) que les ER auront leur place non pas en substitution du nucléaire ou des fossiles… mais à côté, en plus de ces dernières… marginalement !!! Toujours cette obsession de la production massive avec, comme perspective, une boulimie énergétique accrue. Il fallait, pour cet orateur, ne pas confondre vitesse et précipitation, avoir une attitude raisonnée, laisser du temps au temps. Oubliant, au passage, qu’en matière de réponse au réchauffement climatique, il y a extrême urgence et qu’avoir soutenu (avec irréflexion !!!) un programme nucléaire déséquilibrant outrageusement notre production d’électricité qui en dépend à plus de 80%, est le contraire même de la raison, terme que ce monsieur galvaudait en le reprenant à satiété dans son allocution. Et d’ironiser en rappelant cette découverte selon laquelle avec l’éolien, le problème… c’est le vent !  

Franchement décevante, également, l’intervention de son confrère qui ne jure, lui, que par l’hydrogène comme alternative …, ignorant, semble-t-il, qu’une production rentable de ce vecteur énergétique exige le recours à une méthode fort polluante… Si bien que la société fondée sur l’hydrogène ne serait guère plus propre (et même pour certains spécialistes, franchement plus sale), que celle basée sur les énergies fossiles. Car celles-ci, comme le nucléaire, seront fortement mises à contribution pour produire, en grande quantité, cette fameuse énergie miracle, faussement « propre » puisqu’elle nous offrirait et les déchets du nucléaire… et l’effet de serre des fossiles !!! Histoire de ne pas faire les choses à moitié ! Et tout cela pour rester fidèle à la perpétuation d’un système qui encourage les transports (y compris inutiles) et le recours à l’automobile….propre bien sûr comme toutes les études un peu fouillées et sérieuses le démentent ! Pour  nos responsables, il s’agit, en effet, de remplacer simplement les véhicules à essence ou diesel par les mêmes véhicules mais à l’hydrogène ou à l’électricité ! Quid de la question du type de mobilité pour demain !!! Ce sera la même ! Les dégâts environnementaux des transports actuels montrent qu’il faut revoir l’organisation socioéconomique au niveau de cette question dans ses impacts en termes d’aménagement territorial. Mais nos élus ne jurent que par les innovations technologiques. Logique ! L’innovation technique c’est ce qui permet de ne pas toucher aux comportements, de continuer comme avant, sans bousculer les habitudes (même écologiquement mauvaises) des citoyens…, des électeurs, et de préserver les petits intérêts mesquins. Car rouler à l’essence, rouler au diesel ou rouler électrique, c’est toujours rouler en bagnole ! (Ah la sacro sainte bagnole !!!).  Or, ce n’est pas le bien soi disant moins polluant (on dit aussi écoefficient) qui apporte la réponse aux questions environnementales… mais l’usage qui en est fait. Une voiture moins polluante, car moins vorace en carburant, est, pour cela, destinée à être utilisée davantage ! Là est le tour de passe-passe auquel adhèrent nos élus. Il s’agit de continuer, croissance oblige, à produire toujours davantage de véhicules dont la « propreté » passe par une moindre consommation, laquelle invite à ne pas renoncer à la voiture et à y recourir davantage… Mais plus de production et plus d’usage signifient plus de pollutions, plus de dégradations. Vous avez compris le sens de l’adjectif « durable » dans l’expression « développement durable » ?
Notre représentant national insista aussi, et à juste raison, sur le fait qu’il ne fallait pas trop céder à l’action des lobbies dont l’influence, qui ressemble à une action de corruption ne disant pas son nom, explique certaines prises de décision… Mais voilà : tout est dans le « pas trop » ! Et, dans l’adoption du nouveau régime juridique des éoliennes évoqué plus haut, on aura deviné ce que « pas trop » veut dire et a quels lobbies nos élus nationaux ont « résisté » !!!
In aparté, après son allocution, il exprima aussi ses doutes sur l’innocuité des renouvelables en matière d‘environnement... et de recyclage.  Nous eûmes alors droit à une démonstration de l’art de pointer la paille du solaire photovoltaïque pour faire oublier la poutre des déchets nucléaires. Ironisant, à propos des écologistes selon lesquels l’énergie la plus propre est celle que l’on ne consomme pas, il insista sur le fait que la consommation d’énergie ne cesse, pourtant, d’augmenter (surtout sous sa forme électrique), laissant sous-entendre qu’on ne pouvait pas contrarier cette tendance. Par ailleurs, notre élu semblait ignorer que l’Allemagne, non seulement va sortir du nucléaire, mais serait à même, à l’horizon 2050, d’assurer 100% de son approvisionnement électrique par les seules énergies renouvelables (5)  Désespérant !!! La hausse de consommation d’électricité tient au développement du high-tech. Ainsi, par exemple, la course au gigantisme en matière d’écrans plats fait plus qu’annuler le gain en énergie qu’est censée garantir cette technologie : en cause la résolution d’image accrue et la kyrielle d’accessoires auxquels il serait hors de question de renoncer même si la planète brûle : lecteurs de DVD, adaptateurs TNT, boîtiers de télé par ADSL…( ). De façon plus générale, si la consommation des appareils diminue effectivement, leur multiplication et leur diversification font plus que compenser ces économies : cela s’appelle l’effet rebond déjà évoqué plus haut à propos de la voiture.

Face à cette réalité, dont nous eûmes, à Tellancourt, un échantillon, apprendre aux citoyens à résister aux nouveaux objets de désir et de convoitise semble le cadet des soucis de nos élus assoiffés de croissance: on n’arrête pas le progrès !.. Eux savent ! Ils mettent les mains dans le cambouis comme ils n’hésitent pas à nous le rappeler… Et à nous le reprocher lorsqu’on les critique. S’agit-il d’entendre, par cette expression, le fait qu’ils s’ébrouent dans un milieu peu ragoûtant ?..  Où, au contraire, à en juger par l’empressement avec lequel (tous les 4-5-6 ans, selon le cas), ils nous demandent un renouvellement de bail, le dit cambouis en question n’aurait-il pas, plutôt, un goût de friandise ?…

Au total, on regrettera qu’il ne fut guère question, lors de cette inauguration, du type de développement local que pourrait permettre ce parc éolien. Voilà un équipement auquel ont fait jouer un rôle de pourvoyeur de recettes (vente d’électricité + taxes locales)… comme à n’importe quelle installation, comme à une porcherie industrielle. A aucun moment il n’a été question de valoriser cette production électrique en l’utilisant comme élément structurant, partie intégrante d’un complexe d’activités intercommunal : production d’énergie, réseau de distribution intercommunal, activités utilisatrices de cette énergie… Gestion intercommunale… Non ! On se contente d’écouler une énergie somme toute encore marginale, sur le réseau électrique national où elle subit 7-8% de pertes… pertes qui pourraient être amenuisées par son utilisation à travers un réseau de distribution local… Une fois encore, la logique centraliste fait avorter ce qui aurait pu être une initiative locale originale.

Bref ! S’il faut prendre acte de l’orientation (tardive !) vers les énergies renouvelables, les prestations de nos élus, lors de cette inauguration, brillèrent par un manque de courage d’oser.


(1) FONTAINE Célia : Le nouveau régime juridique des éoliennes, Journal De L’Environnement, 25/08/2011

(2) Un EPR de 1650 MW coûte, jusqu’à présent, 6 milliards d’€. Une éolienne de 2 MW coûte, elle, 3 millions d’€.
En termes de puissance installée, un EPR équivaut donc à 1650/2 = 825 éoliennes de 2 MW. En termes de coût, un EPR de 1650 MW équivaut donc à 6 Mds €/0,003 = 2000 éoliennes de 2 MW, soit 4000 MW.
Avec un taux de disponibilité de 25% cela fait 1000 MW (pour l’EPR, avec une disponibilité de 80%, cela fait 1320 MW).
Reste, évidemment, la question de l’intermittence de l’énergie éolienne qu’en Allemagne, il est envisagé de traiter par une association de productions renouvelables: éolien + solaire + hydraulique + biomasse. Ainsi, l’éolien, en périodes creuses, peut être utilisé pour remplir les retenues d’eau, mission confiée, en France… au nucléaire !!!

(3) Résultat: les émissions mondiales de CO2 ont progressé l’an passé (2010) de 4,8%. C’est ce qui ressort de l’étude annuelle de l’agence néerlandaise d’évaluation de l’environnement (PBL), publiée fin septembre 2011, Valéry LARAMEE DE TANNENBERG, JDLE (Journal De L’Environnement), 03/10/2011.

(4) GRAS Alain : L’électricité verte ? Des mines de cuivre, cobalt, lithium…, L’Ecologiste n° 29, Vol. 10 N°2, Juillet-Septembre 2009.

(5) Etude publiée le 22/07/2010 par l’Office Fédéral de l4environnement (UBA) sur la production d’énergie allemande Sortir du Nucléaire n° 47, Automne 2010, p. 21.

(6) ZARACHOWICZ Wéronika : Les dessous du plat, Télérama n° 3019, 21/11/2007

 

 




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